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Texte de Brigitte Denis
Publié dans le magazine BÉBÉ
Volume 10 Numéro 2 (Avril 2008) |
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Une recette dictée par un bébé |
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Au début d'un atelier ou d'une conférence, les gens me demandent souvent « Mais de quoi aimeraient bien parler les bébés, s‘ils le pouvaient? » En fait, la question est mal formulée. On ne peut parler de l'expression du bébé au conditionnel parce qu'il "parle" réellement même si ce n'est pas au moyen de mots. Il s’exprime constamment, de son point de vue à lui, et c’est nous qui ne le comprenons pas. La bonne question est donc: «Que disent donc les bébés?» |
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Au début de sa vie, il commence par parler de personnes. Plus tard, il apprendra les mots qui désignent des objets, ceux qui font partie de son quotidien. Mais en attendant, la première personne dont parle le bébé c'est évidemment de lui-même. Il parle de ce qui est en lui et de ce qui fait qu'il est lui. Il parle de son présent et il parle de son passé et du bagage qu’il a apporté avec lui. Il parle également de son devenir et de ce dont il a besoin pour poser le prochain pas. Il parle de ses besoins présents non comblés, comment les combler et comment il souhaite être accompagné par ses parents pour pacifier un inconfort. Il parle de lui et de tous les niveaux de son être complet et déjà complexe: physique, psychologique, émotionnel, relationnel, environnemental, énergétique, historique, social, spirituel, etc. S'il est vrai que les parents portent sur leurs épaules une lourde tâche, cette responsabilité est partagée par l'enfant qui peut guider ses parents si on lui en donne l‘opportunité. À partir d’un symptôme, par exemple, le bébé peut s’exprimer sur son alimentation en précisant exactement ce dont il a besoin. Il peut même guider ses parents en leur dictant des recettes! |
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Au cours des dernières années, j'avoue avoir entendu de la part de l’intelligence innée des bébés des suggestions que j’ai parfois trouvées bien étranges mais que la science est souvent venue éclairer quelques années plus tard. Ainsi, il y a plusieurs années, il arrivait qu’au cours d’une consultation, un bébé demande à ses parents d'ajouter quelques gouttes d'huile de lin dans ses biberons de formule lactée commerciale. À l’époque, personne ne comprenait vraiment l'importance de cet ajout un peu inhabituel et je suspecte que les parents ne suivaient pas souvent ce conseil. Lorsque des recherches ont mises à jour les fameux oméga-3 (mis en vedette en particulier par le célèbre livre de David Servan-Schreiber), on a mieux compris la raison de ces quelques gouttes miraculeuses qui font une si grande différence et que la sagesse de certains bébés réclamait depuis longtemps. |
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À part le lin et son huile, un autre ingrédient que je n'aurais pensé être si bon pour un bébé qui commence à manger est l'avocat. Riche de bonnes protéines, combinant douce saveur et texture crémeuse, il est souvent suggéré par l’intelligence innée du nourrisson. Les bébés m'ont aussi fait découvrir les fines herbes: en plus de parfumer agréablement les plats et de flatter le palais, leurs propriétés médicinales en font de bons outils de prévention. Les nourrissons font également souvent mention de l'ortie. Cette herbe ne goûte pas grand chose mais, ajoutée à une soupe-repas passée au mélangeur, elle apporte des minéraux essentiels en quantité industrielle dont le précieux fer! Les tout-petits m'ont fait aussi connaître la poudre d'orme rouge qui est non seulement sucrée et nourrissante mais thérapeutique pour un intestin qui aurait été malmené: après une gastro ou un traitement antibiotique, elle est un excellent reconstituant des parois intestinales et aide le bébé à remonter la pente s’il s’est affaibli pendant sa maladie. Durant un rendez-vous, ils suggèrent aussi régulièrement la prune lacto-fermentée uméboshi et les algues. Avec toutes ces suggestions, on ne peut que constater que la sagesse du bébé connaît bien le principe d'Hippocrate qui conseillait de faire de notre aliment notre médicament. |
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Le potage à l’avocat de Gabriella |
Voici la recette d’un potage que m’a dictée un bébé de cinq mois. Gabriella voulait ainsi donner à ses parents une suggestion pour sortir des sempiternelles céréales dites «pour bébés» et des purées de légumes assez restreintes. Comme l’intelligence innée de son corps demandait d’éviter le blé, l’orge et l’avoine, et d’augmenter la quantité de protéines, ses parents se trouvaient à court d’idée pour la nourrir, d’autant plus qu’elle demandait de restreindre les portions de céréales à une fois par jour seulement.
Par la suite, j’ai essayé la recette moi-même et l’ai trouvée excellente. Cette soupe a aussi le mérite de faire gagner du temps aux parents en offrant un repas qui puisse à la fois nourrir un nourrisson qui commence à peine à manger, les frères et sœurs aînés(es) s’il y en a, et les adultes de toute la maisonnée. Pour les bébés allergiques aux amandes, on peut très facilement remplacer le lait d'amande par du lait de riz ou un bouillon de légumes.
Les ingrédients
- 1 avocat mûr à point mais pas noirci
- le jus d’une demie lime
- 2 c. à thé d’huile de lin
- 1 poireau complet
- 4 petits zucchinis (courgettes)
- 1 bulbe complet de fenouil
- une petite poignée d'algues wakamé ou aramé
- une cuillerée à soupe d'ortie séchée
- 1 c. à soupe de poudre d’orme rouge
et assez de lait d’amande non sucré pour obtenir la consistance souhaitée
La préparation
Dans une casserole, faire cuire les poireaux, les zucchinis, le fenouil (bien lavés et coupés en gros morceaux), les algues et l'ortie avec le lait d’amande jusqu’à ce que les légumes soient tendres. Passer le tout au mélangeur en ajoutant l’avocat, l’huile de lin, la poudre d’orme rouge et le jus de lime.
En dosant la quantité de lait d’amande, on peut rectifier la texture pour combler les besoins et les goûts des petits comme des grands.
Ce potage se mange chaud, tiède ou froid et, pour un bébé, constitue en lui-même un repas complet. On peut le servir dans un gobelet pour le tout-petit ou y faire tremper du pain d’épeautre ou de kamut en morceaux pour un bambin plus vieux qui voudrait le manger à la cuiller.
Les adultes peuvent y ajouter une salade ou le servir en entrée. |
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Des conseils de bonne source |
Au sujet des allergies et des intolérances, l'avantage de la kinésiologie périnatale est de pouvoir demander directement à la sagesse du corps du bébé s'il faut vraiment craindre certains aliments au lieu de l'en priver inutilement plusieurs mois. Ainsi, après sa "permission", on peut lui donner beaucoup plus tôt qu'habituellement des graines et des noix qui sont riches en bons gras et en protéines (on peut les servir sous la forme de beurre de sésame ou d'amande sur un petit morceau de pain par exemple ou mélangés dans une purée de légumes ou un potage donné au gobelet). Les bébés m'ont également appris qu'il vaudrait mieux se méfier de certains autres ingrédients que l'on offre couramment aux bébés comme l'orge, l'avoine, le blé, les pommes, les prunes, le sucre, le bœuf, le soya, et quelques autres aussi...
Bon appétit! |
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