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L'accouchement > Le suivi sage-femme
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Texte de Caroline Paquet, SF, M. Sc.,
Professeure, Université du Québec à Trois-Rivières
Raymonde Gagnon, SF,
Professeure, Université du Québec à Trois-Rivières
Publié dans le magazine GROSSESSE
Volume 9 Numéro 3 (Hiver 2007) |
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Le suivi sage-femme: mythes et réalités |
Testez vos connaissances
Afin d’étudier en profondeur l’aspect sécuritaire de la pratique sage-femme des projets-pilotes furent mis sur pied au Québec en 1994. À la suite des résultats favorables obtenus, le Conseil d'évaluation des projets-pilotes recommande de reconnaître officiellement la pratique des sages-femmes(1). Le 19 juin 1999, la profession de sage-femme est légalisée avec l’entrée en vigueur de la Loi sur les sages-femmes du Québec(2). La loi sur les sages-femmes définit le champ de pratique de la profession et donne toute la latitude nécessaire à la sage-femme, en tant qu'intervenante de première ligne, d'agir en toute autonomie. Depuis le début des projets-pilotes, il y a eu plus de 13 500 naissances assistées par des sages-femmes(3). Bien que, la profession de sage-femme soit légalisée depuis maintenant plus de 7 ans et que ce choix soit de plus en plus populaire auprès des femmes, plusieurs mythes persistent au sujet de la profession de sage-femme. |
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N’importe qui peut s’approprier du titre sage-femme |
Faux. Pour utiliser le titre de sage-femme et pouvoir pratiquer légalement au Québec, la sage-femme doit détenir un permis de l’Ordre des sages-femmes du Québec (OSFQ) et avoir une assurance-responsabilité professionnelle. Présentement, l’assurance-responsabilité est obtenue en établissant un contrat de service avec un centre de santé et de services sociaux (CSSS).
L’ordre professionnel propre aux sages-femmes fut créé à la suite de la légalisation de la profession sage-femme en 1999. Il permet d’assurer la protection du public en établissant la compétence des sages-femmes lors de leur admission à la pratique, en s’assurant du maintien de leurs compétences, en assumant régulièrement une inspection professionnelle des sages-femmes et en voyant au respect des obligations déontologiques et réglementaires.
Pour devenir membre de l’OSFQ, la candidate à la profession doit avoir complété avec succès le baccalauréat en pratique sage-femme offert à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). En ce qui a trait aux candidates à la profession ayant déjà une formation en pratique sage-femme (diplôme d’un autre pays ou province canadienne) elles doivent s'adresser à l'Ordre des sages-femmes du Québec et se soumettre au processus d'évaluation selon les normes d'équivalence de diplôme et de la formation. La liste des membres de l’OSFQ est disponible au www.osfq.org. |
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Pour devenir sage-femme, il faut quatre années d’études universitaires. |
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Vrai. Le programme de formation en pratique sage-femme est d’une durée de 4 ans et comporte 130 crédits. L’Université du Québec à Trois-Rivières est la seule à offrir cette formation au Québec. Pour être admise au baccalauréat en pratique sage-femme, la personne doit détenir un diplôme d’études collégiales ou être âgée d’au moins 21 ans et avoir une expérience de travail dans un domaine relié au champ d’études du programme. Les candidates doivent avoir complété les cours de chimie et biologie de niveau collégial mentionnés dans les conditions d'admission ou leur équivalent. Le processus d’admission comprend notamment un questionnaire écrit ainsi qu’une entrevue individuelle. Pour de plus amples informations consultez le site : www.uqtr.ca/sage-femme. |
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Au Québec, il faut débourser de l’argent pour avoir accès aux services d’une sage-femme. |
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Faux. L’accès aux services d’une sage-femme est gratuit, car le financement est public. Les femmes qui ont une carte d’assurance maladie valide du Québec n’ont rien à débourser lorsqu’elles sont suivies par une sage-femme. |
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Toutes les femmes enceintes peuvent être suivies par une sage-femme. |
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Faux. Le champ de pratique de la sage-femme comprend uniquement le suivi des grossesses et accouchements physiologiques (sans complication) et des nouveau-nés en santé. La sage-femme est une intervenante de première ligne. Elle possède la formation et les compétences pour assurer le suivi de la grossesse, du travail et de l’accouchement de la mère et du nouveau-né jusqu’à la 6e semaine après la naissance. Les sages-femmes détiennent une formation de base solide au niveau du dépistage des conditions anormales. Chaque future maman est évaluée en vue de son admissibilité au suivi sage-femme. Cette évaluation repose sur des critères précis et déterminés par la loi sur les sages-femmes. Si la sage-femme dépiste une condition anormale, elle consultera un médecin et au besoin le suivi de la femme se fera sous les soins du spécialiste ou conjointement avec ce dernier. |
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Si je suis suivie par une sage-femme, je dois accoucher à la maison. |
Faux. La Loi sur les sages-femmes indique que les femmes suivies par une sage-femme peuvent choisir d’accoucher soit à domicile, en maison de naissance ou en centre hospitalier. Les centres de santé et de services sociaux (CSSS) où exercent des sages-femmes doivent conclurent des ententes avec les centres hospitaliers afin que les sages-femmes puissent assister l’accouchement de leur cliente. Actuellement, six centres hospitaliers ont conclu des ententes. Il est à noter que le champ de pratique de la sage-femme demeure le même, peu importe le lieu de naissance choisi.
Chaque lieu de naissance possède ses avantages, ses inconvénients et ses risques. La sage-femme informe la femme et son conjoint des particularités liées à chacun des lieux et c’est à eux qu’il revient de choisir le lieu prévu pour la naissance de leur enfant. La littérature scientifique démontre que le domicile et le centre hospitalier comportent des risques comparables pour des femmes enceintes en santé et ayant une grossesse sans complication. |
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Les sages-femmes ne peuvent pas prescrire ou interpréter les examens et analyses de laboratoire, elles offrent uniquement un suivi de soutien. |
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Faux. Pour surveiller et évaluer la grossesse, le travail et l’accouchement et, durant les six premières semaines postnatales, la sage-femme pose des gestes cliniques, prescrit et interprète des examens et des analyses de laboratoire. Ces outils lui permettent de dépister des conditions anormales tant chez la mère que chez le nouveau-né. Par exemple, lors des visites prénatales la sage-femme prend entre autres la tension artérielle, écoute le coeur fœtal et mesure la hauteur utérine. Elle peut prescrire et interpréter les tests de laboratoire dont notamment, les analyses sanguines et d’urine, l’échographie et le dépistage prénatal. La sage-femme explique aux parents les limites, avantages des tests et ultimement ce sont eux qui décident en effectuant un choix éclairé s’ils y auront recours ou non. Une grande partie du temps alloué pour les visites pré et postnatale (en moyenne 60 minutes) est consacré pour répondre aux questions des parents, pour prodiguer des conseils préventifs individualisés, pour promouvoir l’adoption de comportements sains ainsi que pour soutenir les parents dans leurs choix. |
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Les femmes enceintes suivies par les sages-femmes doivent absolument accoucher sans épidurale. |
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Faux. Les femmes qui choisissent d’accoucher avec une sage-femme désirent éviter l’épidurale et les complications qui lui sont associées. Cependant, si malgré une préparation prénatale adéquate, la liberté de mouvement, l’alimentation, l’hydratation, le soutien continu et l’utilisation du bain pendant le travail, la femme a besoin d’une épidurale, l’équipe obstétricale et l’anesthésiste du centre hospitalier seront informés et la femme sera transférée vers le centre hospitalier. Le médecin sera alors responsable du suivi médical et la sage-femme demeurera quand même présente pour accompagner la femme. Après l’accouchement et en l’absence de complication, la mère et le nouveau-né seront à nouveau sous la responsabilité de la sage-femme, et ce, jusqu’à la 6e semaine post-partum. |
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Les sages-femmes ne sont pas formées pour agir lors de complications pendant le travail et l’accouchement. |
Faux. Les sages-femmes reçoivent une formation solide tant au niveau du dépistage des conditions anormales, qu’au niveau des urgences obstétricales et néonatales. Cette formation est donnée par des obstétriciens, des médecins et des sages-femmes. Les sages-femmes peuvent administrer les médicaments et utiliser les instruments requis pour agir lors d’une urgence tant pour la mère que pour le nouveau-né.
La demande dépasse l’offre
Vrai. Plusieurs femmes enceintes qui désirent un suivi de grossesse par une sage-femme au Québec n’y ont pas accès. On compte présentement, 93 sages-femmes réparties dans 8 maisons de naissance à travers le Québec.
Plusieurs régions n’offrent pas leurs services. Présentement les sages-femmes assurent environ 1,5 % des naissances(4). Pour répondre à la demande des femmes enceintes, elles devraient assister à 10 % des naissances.
Conclusion
De plus en plus de femmes enceintes ont ou désirent avoir recours aux services d’une sage-femme. Parmi les caractéristiques du suivi sage-femme qui animent ce choix on note : la continuité relationnelle, un suivi personnalisé centré sur les besoins des parents, le désir de choisir le lieu d’accouchement, le soutien lors de l’allaitement et la croyance en la grossesse et l’accouchement comme un phénomène sain et naturel plutôt que médical.
Références
1. Ministère de la Santé et des Services Sociaux (1998). Projets-pilotes sages-femmes : rapport final et recommandations. Québec : Ministère de la Santé et des Services Sociaux.
2. Gouvernement du Québec. Loi sur les sages-femmes (L.R.Q.c.S-0.1). La gazette officielle du Québec.
3. Ordre des sages-femmes du Québec, septembre 2007.
4. Ministère de la santé et des services sociaux. (2006). Projet de politique en périnatalité. Québec : Ministère de la santé et des services sociaux. |
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